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La tête ou les jambes ?

oila encore un choix binaire encombrant sur les tatamis. Tout comme le choix de la poire ou du fromage au dessert…

C’est pourtant ce qu’on peut constater. Dans la pratique,certains vont rapidement se définir comme très (trop) “physiques”,d’autres trop perchés dans leur “mental”,l’analyse.

Qu’ils se démarquent dans l’une ou l’autre direction,il manquera toujours l’autre partie afin de tendre à vivre et produire un Aikido complet. Les personnes trop intellectuelles vont systématiquement avoir besoin d’analyser avant d’apprendre et d’intégrer. En soi,ce n’est pas un défaut. Toutefois,dans l’action il y aura besoin d’un certain temps pour se mettre en mouvement. Cette difficulté est révélée systématiquement lors des exercices de suburi collectifs dès lors que les mouvements complexes s’accélèrent.

Au contraire,les personnes trop ancrées dans le physique auront tendance lorsqu’il faudra agir,à mettre au rebus les principes philosophiques de l’Aïkido pour privilégier le travail en force,provoquant parfois des douleurs articulaires à l’autre. Malgré tout,commencer par “dégrossir” le corps avant de réfléchir ne peut être,là non plus,blâmé. Cette démarche suit la logique de l’évolution humaine. Une jeune ayant d’abord besoin de se dépenser pour après,l’âge venant laisser place à plus de sérénité et de réflexion.

L’ Aikido est un tout.

Mais aussi,d’une manière générale,le sport de haut niveau révèle les carences dans l’un ou l’autre de ces domaines. L’athlète digne de ce nom connait parfaitement ses atouts et les causes de ses défaillances lors de l’épreuve. On sait,pour offrir un exemple flagrant que la performance d’un golfeur tient franchement de l’équilibre des deux pôles. Si l’esprit du joueur est traversé par de quelconque soucis au moment de son swing décisif,la balle risque assurément de ne pas atteindre le drapeau. Dans un autre contexte,un haltérophile devra être parfaitement bien dans sa tête lorsqu’il devra soulever la barre au summum de ses capacités au risque de finir désarticulé ou écrasé par la fonte.

Le sportif de haut niveau,tout comme l’Aikidoka doit pourvoir offrir une action parfaite dans un temps “t” spontanément,par un mouvement technique-réflexe,sans être entaché d’un moindre doute,désir ou autre pollution mentale…

Il est dit qu’on agit avec son ventre (ni avec sa seule tête ou ses seuls bras).

SI l’on observe la progression type d’un Aikidoka depuis son initiation jusqu’à un niveau relativement élevé,il va devoir effectivement engrammer un rituel,une manière de se comporter,une philosophie,et quelques techniques,attaques,déplacements et chutes. Mais en fait,très rapidement,la grande difficulté va résider à éliminer préjugés,fausses idées,raideurs et gestes inutiles ou parasites. Il prendra conscience également autant de ses propres tensions physiques inutiles que de ses complexes handicapants.

Personnellement,étant trés visuel,face à un pratiquant d’Aïkido marqué dans l’une ou l’autre direction,je le visualise avec une cravate trop serrée. Une cravate qui le congestionne,l’étouffe et empêche la libre circulation l’ NRJ. Une des tâches de l’enseignant consiste alors à dénouer cette “cravate” et que l’intellectuel découvre la présence et le mécanisme de son corps. Et dans l’autre cas,permettre à l’Aikidoka “tout-physique” d’accéder à un nouveau regard sur l’autre et offrir alors une nouvelle piste non-violente en matière de communication et de relation humaine. Le compromis pour y accéder se trouve dans la croyance nippone. “Il faut penser avec son ventre“. Le Hara est le siège de l’intuition et des mouvements réflexes. Descendre son cerveau dans son ventre,lieu très “physique” et central,permet de bien meilleures acquisition “Aikidokalement” parlant… On va pouvoir,de ce fait,tout centraliser…

L’idéal pouvant garantir une meilleure progression en Aïki (tout comme,du reste,dans n’importe quelle activité) serait de prendre conscience de cette polarité Mental/physique et non de les opposer constamment. Le mental venant en renfort du physique et inversement. Pourquoi pas,organiser ses entrainements et recherches alternativement dans les deux domaines pour ensuite en fusionner le fruit des expériences acquises.

PB